LE BOUNDOU : UNE RÉGION RICHE ET DIVERSIFIÉE

Situé dans la région de Tambacounda, communément appelée Sénégal oriental, le Boundou est un territoire dont l’histoire remonte au XVIIe siècle. A cette époque, il était considéré comme l’un des zones les plus riches d’Afrique en termes de produits agricoles, grâce à sa nombreuse population et à ses vastes plaines fertiles. En effet, le Boundou possédait des terres exploitées le long des rives de la Falémé, qui étaient considérées comme son véritable grenier d’abondance.

Selon les écrits de Mâlik Sada Ousmane Kandé SY, l’arrière petit-fils de Hammadi Bokar Sada Hammadi Makka Boûbou Mâlik, dans son livre « LE BOUNDOU DE 1690 À NOS JOURS : Éclairages historiques, points de mire », le Boundou s’étendait sur une superficie de plus de 33 000 kilomètres carrés, mesurant environ 190 kilomètres d’est en ouest et 170 kilomètres du nord au sud. Cette taille impressionnante témoigne de l’importance et de l’influence de cette région.

Mais le Boundou ne se distinguait pas seulement par sa richesse matérielle, il était également le foyer d’une population diversifiée. Avant même l’arrivée de Mâlik Sy Daouda, différentes communautés vivaient déjà dans le Sud du Gadjaga, l’actuel Boundou. Parmi elles, on trouve les Faddoubé, les Badiar, les Wualiabé, les Bakiri, les Malinkés et les Djâkhankés. Certaines de ces populations continuaient d’affluer même après l’installation de Mâlik Sy , comme Djâkhankés.

En outre, des Fulbe nomades, venus du Fouta-Toro et du Macina, s’étaient installés dans la région depuis le début du XIIIe siècle. Au fil du temps, ils ont réussi à s’imposer aux populations autochtones, fondant ainsi des États puissants. Les Guirôbé, les Tambadou ainsi que les Djâkhankés, originaires de Diakha, font partie de ces communautés pulaar qui ont joué un rôle majeur dans la gouvernance politique de l’État du Boundou.

Mâlik Sy Daouda a instauré un Conseil de gouvernance politique dans le Boundou, avec le village de Fissa-Dàro comme siège. Ce Conseil comprenait notamment les représentants des populations pulaar, tels que les Guiro et les Tambadou. Cette gouvernance participative a favorisé la cohabitation pacifique entre différentes communautés et a permis au Boundou d’une prospérité économique remarquable.

Il convient également de souligner que Mâlik Sy n’était pas seulement un leader religieux, mais aussi un homme politique pragmatique. Contrairement à certains jihadistes du XIXe siècle, il cherchait le compromis avec les non-croyants, dans un souci de stabilité politique. Sa tolérance religieuse et sa capacité à respecter les différentes croyances sont illustrées par le Verset 6, Sourate 109 du Saint Coran : « À vous [les infidèles] votre religion, et à moi ma religion ».

Ainsi, l’histoire du Boundou précolonial est marquée par une richesse naturelle et une diversité culturelle remarquables. Le Boundou était un véritable grenier d’abondance, grâce à ses terres fertiles et à la diversité de ses cultures. De plus, la cohabitation harmonieuse entre les différentes populations a contribué à la prospérité et à la stabilité de la région. Cette histoire méconnue mérite d’être explorée et célébrée, car elle est le reflet d’un passé glorieux qui a façonné l’identité du Boundou d’aujourd’hui.

A. FAINKÉ/ www.goudiryinfos.com (2G’MEDIAS)

Référence :
Mâlik SY. « LE BOUNDOU de 1690 à nos jours: Éclairages historiques, points de mire ».
Chapitre 01 [BOUNDOU PRÉCOLONIALE]

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